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(Mise à jour avec les propos tenus lors du dîner, paragraphes 3 à 5)
* Trump déroule le tapis rouge alors que les dirigeants cherchent à rétablir la stabilité malgré de profondes tensions
* Une prolongation de la trêve commerciale est envisagée, mais aucune avancée majeure n’est attendue
* Xi aborde le sommet en position de force grâce à l'essor de son commerce et à sa domination sur les terres rares
par Trevor Hunnicutt et David Brunnstrom
Le président américain Donald Trump a accueilli jeudi le président chinois Xi Jinping à la Maison Blanche pour un sommet somptueux, riche en symbolisme mais pauvre en substance, sans aucun signe d’avancée sur des questions épineuses telles que l’intelligence artificielle, le commerce, Taïwan et la guerre avec l’Iran.
Les deux dirigeants et leurs épouses ont assisté à un dîner d’État, une soirée en tenue de gala où était servi du bar en croûte de sésame et à laquelle participaient de nombreux directeurs généraux du secteur technologique. Devant les grilles, un groupe de manifestants bruyants scandait des slogans tels que "La Chine hors de Hong Kong", clairement audibles par les dirigeants alors qu’ils posaient pour des photos sur les marches recouvertes d’un tapis rouge de la Maison Blanche.
Dans son toast prononcé lors du dîner, Trump a déclaré que Xi et lui "comprenaient tous deux que nous représentons des systèmes différents, mais que les liens entre nos peuples perdurent et que nous ne nous sommes jamais aussi bien entendus".
Trump a ensuite invité les convives à visiter le chantier de la nouvelle salle de bal qu’il fait construire à proximité, quelques heures après avoir montré à Xi un héliport qu’il avait fait aménager dans l’enceinte de la Maison Blanche. Les projets de construction constituent une digression fréquente pour un président qui a accordé une grande importance à la refonte des infrastructures physiques de Washington.
Xi a déclaré que Trump et lui avaient eu des discussions approfondies et étaient parvenus à "une compréhension commune sur de nombreuses questions", qui fournissait "une nouvelle orientation stratégique pour les relations sino-américaines". Il n’a pas donné plus de détails.
"La Chine et les États-Unis doivent agir en tant que grandes puissances responsables", a-t-il déclaré, appelant à "une nouvelle approche permettant aux grandes puissances de s’entendre".
Cette rencontre a marqué les esprits par le lieu où elle s’est tenue: à Washington, alors même que de nombreux dirigeants mondiaux se trouvaient à New York pour l’Assemblée générale des
Nations unies .
Elle s’est déroulée à un moment où l’opinion publique s’inquiète de plus en plus de la croissance rapide de l’IA, et alors que Trump peine à résoudre une guerre que son administration et Israël ont déclenchée contre l’Iran, ce qui a fait grimper en flèche les prix de l’énergie et pèse lourdement sur sa cote de popularité à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
DISCUSSIONS SUR TAÏWAN
Au cours d’un entretien bilatéral dans l’après-midi, Xi a exhorté les États-Unis à s’opposer à "l’indépendance de Taïwan", selon un communiqué de l’agence de presse officielle chinoise – abordant ainsi l’une des questions les plus épineuses entre les deux pays. La Maison Blanche n’a pas encore fourni son propre compte rendu des discussions.
On s’attendait à ce que Xi fasse pression sur Trump cette semaine pour qu’il mette fin aux ventes d’armes à Taïwan . À l’issue de sa visite en Chine en mai, Trump avait déclaré qu’il suspendait un contrat d’armement avec Taïwan d’une valeur d’environ 14 milliards de dollars, le qualifiant de "très bon atout de négociations".
Cette décision a suscité des inquiétudes chez certains alliés américains en Asie, et même chez certains collègues républicains de Trump, qui craignent qu’il ne soit tenté d’assouplir le soutien de Washington à Taipei en échange d’avantages économiques. La Chine revendique Taïwan, gouverné démocratiquement, comme faisant partie de son territoire et n’a pas exclu de recourir à la force pour prendre le contrôle de l’île.
Le sommet entre les deux dirigeants a eu lieu peu après que Trump eut défendu avec vigueur son recours à la puissance militaire lors d’un discours à l’ONU en début de semaine, laissant entendre qu’il pourrait "anéantir" l’Iran. Il a adopté jeudi un ton radicalement différent avec Xi, reflétant un rapport de force qui a basculé en faveur du dirigeant chinois après une guerre commerciale qui s’est soldée par un recul des États-Unis sur les droits de douane.
Dans ses remarques prononcées jeudi après l’arrivée de Xi, Trump a mis l’accent sur sa "véritable et grande amitié" avec Xi, plutôt que de se concentrer sur les divergences politiques, et a déclaré que les deux puissances avaient fait des progrès en matière commerciale depuis son voyage en Chine en mai.
De manière un peu plus directe, Xi a déclaré que les intérêts des deux pays étaient étroitement liés et que la concurrence entre eux devait être "saine". Les entreprises américaines étaient les bienvenues en Chine, a-t-il ajouté, précisant qu’il espérait que "les entreprises chinoises soient traitées équitablement ici, aux États-Unis".
Xi a également déclaré que les deux armées devaient maintenir un dialogue régulier afin d’améliorer la prévention des crises.
PERSONNEL CONTRE NATIONAL
Edgard Kagan, ancien haut responsable de la Maison Blanche chargé de l’Asie de l’Est, a déclaré que ce contraste dans le discours reflétait la stratégie différente de chaque dirigeant.
"Le président présente cela avant tout comme une question de relation personnelle avec Xi", a déclaré Kagan, qui travaille désormais au Center for Strategic and International Studies. "Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que Xi se montre beaucoup plus prudent et laisse entendre qu’il s’agit moins d’une relation personnelle que d’une relation nationale."
Ce sommet, qui marque la première visite de Xi à Washington depuis plus d’une décennie, est la deuxième rencontre cette année entre les dirigeants des deux plus grandes économies mondiales.
Pour Trump, qui apprécie les cérémonies et accorde une grande importance à ses liens avec des dirigeants puissants, cette visite est autant une question de prestige national qu’une occasion de mener une diplomatie aux enjeux majeurs.
Mais les déclarations de Trump et de Xi n’ont été retransmises en direct par aucune chaîne de télévision américaine, celles-ci ayant refusé de fournir des images en signe de protestation contre l’interdiction par la Maison Blanche de CNN, MSNBC et Politico.
Lors de son intervention jeudi, Xi a déclaré que les deux pays devaient "veiller à ce que le développement de l’IA reste toujours sous contrôle humain".
Selon les analystes, la concurrence intense entre les deux puissances dans le domaine de l’IA risque de limiter la portée de tout accord au-delà de simples accords symboliques.
Rien n’indique que Pékin soit disposé à faire pression sur l’Iran pour qu’il cède aux exigences américaines. Lors de la réunion de jeudi, Xi a exprimé son soutien à un retour au cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, puis à la négociation d’un accord de paix, a rapporté Xinhua.
La liste des invités au dîner d’État de jeudi comprenait des directeurs généraux tels que Tim Cook d’Apple, Jeff Bezos d’Amazon, Sundar Pichai d’Alphabet, Sam Altman d’OpenAI, Elon Musk de Tesla et Jensen Huang de Nvidia. Malgré un tel panel, des sources proches des projets américains indiquent que Trump devrait maintenir des contrôles stricts sur les exportations de technologies américaines, que Xi souhaite voir assouplis.

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